Retour sur l’atelier et l’approche collaborative

Posted on avril 6, 2012

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Atelier d’écriture collaborative, appel à participation. Une fois n’est pas coutume, Kër Thiossane organise un atelier d’écriture et diffuse l’appel à participation dans la presse. En pleine période électorale, les dakarois suivent de près l’actualité dans les journaux, on lira même un article dès notre arrivée intitulé : « Gouverner le Sénégal différemment : de l’utopie ou de la probabilité ? » (extrait du Quotidien, jeudi 15 mars 2012, par Denis Ndour – Initiativesdiaspora2012.com)

Toujours est-il que l’appel a fonctionné, on démarre l’atelier lundi 20 mars avec une vingtaine de personnes. Du 20 au 29 mars, nous travaillerons avec un noyau dur de 13 participants âgés de 20 à 55 ans, croisant ainsi des vécus multiples, riches d’expériences à confronter, à partager.

Faire émerger une cartographie subjective

Afin de révéler un territoire à entrées multiples pour y projeter une fiction future, nous avons proposé à chacun des participants de choisir trois lieux qui leur semblait « référents », « symboliques » ou « sensibles » dans la vie des Dakarois ; leur laissant le soin d’exposer, de confronter et de débattre leur choix, permettant de faire émerger des thématiques : éducation/savoir ; culture et création ; mémoire/histoire ; économie ; communauté/lien social ; espace et mouvement. En retenant deux lieux pour chacune de ces thématiques, le groupe a pu établir une sélection de treize lieux. Enfin, en s’appuyant sur les récits et débats, nous avons fait émerger une liste d’une trentaine de mots clefs, comme autant de points d’entrée possibles pour aller vers une fiction commune :

cursus, histoire, eau, rêve, polémique, saturation, habitude, promotion, privé, archivage, revendication, confort, pollution, vacant, vitesse, partage, mesure, femmes, gratuit, sport, élite, abandon, vert, création, vieillesse, isolé, soin, jeunes, œuvre, construction.

Faire jouer la fiction des contraires

Les participants ont ensuite choisi deux lieux et proposé à l’aide de la liste  :

-d’ « associer » trois de ces mots clefs au premier lieu

– de « dissocier » trois de ces mots clefs au second lieu.

Puis nous avons imaginé ces lieux dégagés de leurs caractéristiques usuelles, actuelles, pour révéler des caractéristiques détournées, futures ; chaque participant développant alors une « fiction des contraires », laissant entrevoir des scénarios multiples.

Consolider la toile du récit commun

En recoupant les récits, nous avons fait une proposition de « pitch » pour développer une unité fictionelle, tout en laissant ouvert l’aspect méta-narratif : pouvoir rendre plus homogène l’ensemble des récits, faire résonner les textes, faciliter la diversité et l’assemblage de voix.

Puis par petits groupes, les participants ont travaillé sur les lieux pour lier ensemble les intuitions et récits au sein d’un seul et même texte ou « tableau » par lieu, obtenant là les limites de l’aire de jeu du récit. Une fois ce décor campé et la validation collective de ces tableaux, nous avons pu imaginer des personnages « capables » de vivre dans ces endroits et ainsi faire naître une parole vécue.

Chaque personnage a pris de l’épaisseur, par le recours aux objets usuels, aux descriptions physiques, habitudes de vie, mais aussi par le mouvement, navigation ou occupation d’un ou plusieurs de ces lieux imaginés. Les dialogues entre les participants et leurs personnages ont ainsi pu être encouragé à travers le récit commun, chacun étant par ailleurs libre de la représentation de son personnage afin d’accompagner et offrir une diversité de formes expressives et de formats, compilés ensuite dans les clefs (textes, sons, dessins, images, etc..).

Diap Diappalé giss gissu Ndakaru ëlëk

Le passage de l’écrit à l’oral, par la lecture de textes enregistrés et déposés dans les clés en fichier audio, fait alors émerger un échange linguistique, dans lequel le wolof s’immisce. Nous terminons ainsi l’atelier par un temps d’échange sur des mots clés en wolof autour du futur ainsi que sur des formes graphiques symboliques en vue de l’édition cartographique. Giss giss 2050, Vision 2050 ; Dakar, espoir de demain : NDakaru, yakaru suba ; Diap Diappalé giss gissu Ndakaru ëlëk, S’accrocher à la vision de demain ; comme autant de promesses, l’espoir du changement, en plein contexte électoral.

> Les participants

> Galerie photo de l’atelier

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